Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères
L'accordeur de silences (SUITES t. 175) Details
« La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C’était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final.Mon vieux, Silvestre Vitalício, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants.Après l’horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu’il appelait vaguement l’Autre-Côté. » Mia Couto, admirateur du Brésilien Guimarães Rosa, tire de la langue du Mozambique, belle, tragique, drôle, énigmatique, un univers littéraire plein d’invention, de poésie et d’ironie.

Reviews
Je découvre la plume entêtante de Mia Couto avec un livre énigmatique, riche en apprentissage, dont la poésie est si bien ajustée qu'on ne parvient pas à sortir de sa lecture. Ce huit clos est incroyablement bien écrit, et c'est ce qui m'a le plus surprise : une qualité d'écriture sans précipitation, en douceur, en émotion.Mwanito prend la parole à la première personne dans le livre, et nous voyons le monde de ses yeux : à la fois aveugle au monde, mais conscient de ce qui l??entoure. C'est fascinant d'ailleurs de retrouver ce paradoxe, car dans son discours, on perçoit ses doutes, mais il n'a connu que ce monde, il ne sait ce qui l'a mené ici ni ce qui a pu arriver à sa mère dont son père refuse de parler.Les personnages sont poignants. Le père, Silvestre Vitalicio est un homme que le mot folie est faible à résumer tellement la complexité de ses actes est importante. Il gère Jesusalem comme un despote, un roi fou qui érige ses propres lois et sa propre histoire.Chaque personnage est dressé dans sa souffrance, dans ses doutes, et chacun porte une cicatrice en lui. Ces dernières, que l'on découvre progressivement vers la fin du livre, laissent un goût âpre.


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